Le trolleur déchaîné

 

Le blog de Maxime Ritter qui vous parle de tout et de rien.

 

mercredi 7 mai 2008

Cindy Sander, Tessa Martin, Basshunter & Yvette Horner

Heureusement qu'il y a internet, et des blogueurs -dont certains demandent qu'on en parle pas- sinon j'aurais loupé le dernier buzz de la télévision. Remettons les choses en place : elle se serait faite humiliée à une émission de télé-réalité ? Allons, la télé-réalité, c'est de la réalité déguisée pour en faire un meilleur spectacle :)

Aujourd'hui, Cindy Sander est repêchée... parce qu'elle est devenu une icone du kitsch, sur Canal + & Internet. Ca ne vous rappelle rien ? Vers 2002, déjà sur M6 ? Tessa Martin !! C'est de la merde ? Comme Basshunter. Sauf que Basshunter a des vrais fans qui écoutent ça au premier dégré.

Et puis, n'accuse-t'on pas justement ces émission de promouvoir de la musique de merde d'habitude ? Ne se moque t'on pas aussi des CD des gagnants de la Star Ac ? Ca n'empêche personne de les acheter, et même : ça se vends fort bien. La merde, ça produit de grosses ventes, les maisons de disques le savent bien, le public aime la merde. Et comme dit justement Ron l'infirmier :

Cindy Sander. Du concret, du lourd, du premier degré. Du buzz, de la France d'en bas, de la bonne tranche de variétoche comme on les aime, finalement, allez ,oui, avouons, le Top 50 a ses vertus que le prochain single de Radiohead n'offrira jamais au premier mariage venu, en Août, sous un chapiteau, quelque part en Loraine. On ne demande pas grand-chose, nous les foules sentimentales. Il faut voir comme on nous parle, ce qu'on nous vend. Du hype, de la pop rock, du Technikart ? Non. Nous on veut juste danser, s'amuser, oublier Sarkozy un instant : il nous fallait bien Cindy Sander pour ça. Oui, il le fallait. L'espoir Sander pour toucher enfin un peu de rêve du doigt, j'en ai besoin, moi. Je ne regarde pas la Nouvelle Star pour avoir l'air intelligent, je la regarde pour oublier un instant qui je suis. Benjamin ou Ikare me le rappelle cruellement : je ne suis rien mais eux non plus. Hélas.

Regardez Cindy Sander on dirait une chanteuse des années 70 ou années 80. Le pire de l'époque diront ceux à l'esprit moqueur. Il y a 30 ans, Cindy Sander aurait fait un tabac ! Qu'avez vous contre les reprises ? On avait l'habitude d'entendre des reprises dans ce genre d'émissions pourtant. On reprenait les chansons connues, là on reprends le style. On se plaignait des soupes musicales se ressemblant toutes, et voilà de la nouveauté ! ce qu'on avait pas l'habitude d'entendre. Enfin de l'originalité, aurait-on enfin compris comment vendre des disques ? Les compilations des années 70 et 80 se vendent encore ; il existe donc bien un public à qui ça plait, et qui a mauvais goût... selon les critères de ceux qui comparent à Radiohead. Et qui doit donc aimer Cindy Sanders. Comme pour Basshunter donc, il y a un public qui écoute au premier dégré, et un autre public qui ne garde que le kitsch.

C'est méchant ces moqueries ?? Peut-être. Mais qui ne s'est jamais moqué de la chance aux chansons, ou d'Yvette Horner ? On se moque de la musique de vieux, ça ne change pas. Et les années 70, c'est déjà du vieux pour nos jeunes d'aujourd'hui.

Depuis le succès de Fatal Bazooka, se moquer est même devenu une méthode comme une autre pour vendre des disques.

Ne comptez donc pas sur moi pour défendre Cindy Sander. Sinon il faudrait que je défende aussi Yvette Horner ou Basshunter, et même des gens morts comme Claude François. En attendant, je vais mettre le MP3 de Papillon de Lumière aux côtés de ceux de Partenaire Particulier, Sabrina Salermo et du pudding à l'arsenic.

mercredi 6 février 2008

A vendre aux enchères : première dame de France.

Selon cette publicité sur Ebay

Dommage que je n'arrive pas à trouver l'annonce sur leur site, parce que 1€ pour un mannequin, même usé, c'est une affaire. Surtout si elle fait la vaisselle et le ménage. A fortiori si elle avale.

dimanche 27 janvier 2008

Le Monde et France24 sont à la chasse au scoop...

La presse est déchaînée dans l'affaire de la Société Générale, chacun à l'affut de son scoop et de son papier à publier. Forcémment, on publie et on entends n'importe quoi. Ca fait vendre du papier. A ce jeu, le monde fait fort en publiant cet article samedi : Pour les enquêteurs de la banque, Jérôme Kerviel pourrait avoir été un hacker. Pour un journaliste un hacker c'est un pirate informatique très doué, or l'article n'apprends rien qu'on ne savait déjà : il pouvait frauder du fait de ses connaissances et de ses logins liés à son ancienne affectation à la Socgé. Cela ne fait de personne un pirate informatiqué très doué. Un titre racoleur, un article où on n'apprends rien, du vent. Et moi qui pensais que Le Monde était un journal sérieux, je sens que je ne vais plus le lire quelque temps.

Mais il y a pire que Le Monde : c'est France24 :

Un autre utilisateur de FT Alphaville publie une adresse mail, jerome.kerviel@pourri.fr qui serait selon lui celle de Kerviel. Encore une fois, une telle affirmation prête au doute, d’autant que, selon Internic, un site sur lequel tous les noms de domaines sont répertoriés, cette adresse n’existerait pas.
Publier une telle rumeur, je ne vois déjà pas ce que ça apporte au lecteur. InterNIC ne gère pas le .fr, cela met la puce à l'oreille. Bingo ! Le domaine pourri.fr est enregistré, anonymement, il pointe sur une dédibox qui héberge aussi le site pixo.fr (pas encore ouvert). Le journaliste se sera au moins donné la peine de vérifier, malheureusement, il aurait du se faire aider par quelqu'un de compétant (les journalistes financiers ne comprennant générallement rien à internet, mais il y a des exceptions), ou utiliser son navigateur...

Or qu'est ce que pourri.fr ? Un service de boite mail poubelle, pour s'enregistrer sans révéler sa véritable adresse mail. Particularité : les boites de ce service n'ont pas de mot de passe !! Je lis donc le mail poubelle supposé de Jérome Kerviel !! (et je vois déjà mes lecteurs partis faire de même).

Cette boite appartenait-elle vraiment à Jérome Kerviel ? Le mail le plus ancien remonte au jour de la révélation de l'affaire, un plaisantin peut parfaitement l'avoir créé. La présence de quelques spams (screenshots : [1] [2] [3] [4]) pourrait indiquer que la boite est ancienne, mais cela ne prouve absolument rien. Au contraire, il s'est envoyé lui-même un lien d'une plaisanterie sur Youtube dont il suit les commentaires (screenshots : [1] [2] [3] [4] [5]), ce qui accrédite la thèse du plaisantin. Deux complices qui semblaient ignorants de l'affaire (screenshots : [1] & [2]), lui ont écrit des heures après la révélation de l'affaire, et 5 jours après la découverte interne à la Socgé. Or, ils ne pouvaient ignorer l'affaire, ce sont donc vraisemblablement des fakes aussi. Et quelle idée d'utiliser un mail sans mot de passe pour discuter avec les complices d'un tel détournement ? Alors même que l'un d'eux passe par un anonymizer, donc semble compétant en anonymisation ? FAKE !.

Des mystérieux admirateurs étrangers (screenshots [1] [2]) lui ont également écrit. Pourquoi, d'où avaient-ils son mail ? Il a un compte sur digg, où il donne ce mail, tout simplement ! (c'est fou ce qu'on trouve avec un simple moteur de recherche comme google) ! Ce compte a été créé le jour de l'affaire, quand le vrai Kerviel se cachait, ça sent surtout l'internaute qui s'amuse ; son commentaire a même été scoré -4 sur digg par les diggonautes...

Un autre mail semble être du à la création d'un compte au site du Financial Times. Il est possible qu'un utilisateur de pourri.fr venu chercher des infos sur la star boursière du moment sur le site du FT ait simplement utilisé son nom pour créer son compte... Ou que le ou les plaisantins aient voulu attirer l'attention du plus gros journal économique européen en s'inscrivant dans sa base ?

Reste un dernier mail : Jerome Kerviel se serait envoyé un mail avec le lien vers sa photo (celle publiée dans tout les médias) sur Pixo. Le service sur le même serveur qui n'est donc pas tout à fait fermé. Le plaisantin ne serait-il pas Pixo qui espérait se payer une pub de buzz-marketing gratuite derrière le bruit de l'affaire Socgé ? C'était surestimer les compétences en fouillage sur internet des financiers. C'est finalement, 2 jours, après, qu'un geek-blogueur remonte vers vous au moment où la mort de Suharto viens effacer la crise de la Socgé dans les médias. En tout cas, si ce n'est pas ça, c'est au moins un de leur béta-testeurs qui en est à l'origine...

Toujours France24 :

Quelqu’un, peut-être Kerviel lui-même, tente de ralentir ce phénomène web : plusieurs sites qui parlaient de l’affaire ont été fermés ces dernières heures.
J'aimerai que le journaliste m'explique quels sites ont été fermés, et comment. Piratage ou recours juridique ? Seul le piratage est anonyme, aussi Jérome, si tu m'entends et puisqu'on te prête un talent de hacker, tu pourrais t'attaquer à mon serveur ?

mercredi 16 janvier 2008

Bière : adapter les lois à Internet

La loi Evin semble poser un problème intéressant dont suite à ce procès intenté à Heineken on se demande :
  • L'interprétation sur Internet d'une qui semble floue, et qui mériterait réécriture. Ca nous changerait des proposition de lois mal réfléchis qu'on nous sert.
  • Qui est assez con pour rester plus de 3 clics sur un site en Flash aussi pourri aux temps de chargement ultra-long ventant les mérites d'un produit aussi mauvais ?
  • Si il faut interdire, comment interdire ce qui est interdit ailleurs. En effet Heineken est une entreprise bien implanté en Europe d'origine néerlandaise, elle a le droit de faire de la publicité dans un certain de nombre de pays n'interdisant pas/ne limitant pas la publicité sur l'alcool. Par exemple dans le pays de la maison mère ou sur un site 'global' anglophone. La plainte ne semble pas concerner ces sites, donc j'ai, en tant que traitre de Français ayant appris des langues étrangères, le droit de devenir alcoolique (je veux bien, mais pas à la Heineken, on a des bières bien meilleures en Belgique). Le problème n'est guère nouveau, l'affaire de l'interdiction des enchères d'objets nazis sur Yahoo en France (contournable par une personne motivée), ça remonte déjà...
  • Le disclaimer demandant si l'utilisateur est majeur, absolument ridicule sur ces sites. Ca n'interdit pas un mineur de rentrer, donc de voir le message ; on imagine les affiches en 4x3 dans le métro commençant par : si tu es mineur, ne regarde pas cette affiche dans le métro. Mais ça permet de faire croire qu'on s'intéresse au problème de la consommation d'alcool chez les jeunes... quand le marketing de la même société vends de la mauvaise limonade alcoolisée ciblant... les jeunes.
  • Ce qu'en pensent les chiens de chasseurs ;-).
Pendant ce temps-là, personne ne se demande pourquoi la bière est quasimment toujours moins chère que le soda dans les bars... Si on veux faire de la prévention, voilà un bon début. Ou pas, si je crève d'une cirrhose c'est moi que ça regarde, et pour pouvoir battre ma femme, il faudrait que je sois marié (ce qui n'est pas près d'arriver). Je ne suis plus un enfant :

6 enfants sur 10 ont touché à l'alcool avant l'âge de 12 ans
40% de ceux-ci auront des problèmes de consommation problématique d'alcool

(c'est ça d'être en exil, tu finis par comprendre le flamand et apprendre que t'as 40% de mal finir)

mardi 4 décembre 2007

25 euros le skyblog.

300 millions la plateforme skyblog et 12 millions de blog. Soit 25 euros le blog. Qui a dit qu'un skyblog ne valait rien ?

A vendre donc.

Bulle 2.0.

[via]

lundi 19 février 2007

Il arrive que les experts soient d'accord entre eux

mardi 26 septembre 2006

Google IS evil

Tout le monde en parle en Belgique, et pour cause, une jolie iframe s'affiche en bas de la page d'accueil et du résultat des recherches de google : Google News a été condamné par la justice Belge pour violation du droit d'auteur.

En fait, dès l'ouverture de Google News, certains s'attendaient à voir un tel procès. Google a tout compris au web 2.0 ; il affiche le contenu créé par des tierces personnes, en l'occurence ici des journaux. Autrement dit, du contenu sans même demander à l'auteur. Ce n'est au fond pas si différent des recherches google classiques, qui posent déjà des problèmes légaux déjà de part l'utilisation du cache, sauf sur la forme : c'est un portail d'information mélangé dans un moteur de rechercher permettant de vendre de l'information sans avoir à la produire, donc un portail d'information au statut douteux. L'absence de publicité sur ce service n'était pas le fruit du hasard (si, si, regardez bien, il n'y a pas de pub contrairement à ce qu'on pourrait penser, et ce que certains annoncent), c'était bien parce que le statut légal était pour le moins douteux, et si google devait gagner de l'argent avec ce service, il n'est pas à exclure que d'autres journaux refusent l'indexation sur Google News, ou se mettent à l'attaquer. D'ailleurs, l'AFP a déjà attaqué auparavant, un accord a été signé avec AP, un autre avec lemonde.fr...

Outre des accords à l'amiable, robots.txt, ça existe, <META NAME="ROBOTS" CONTENT="NOARCHIVE"> aussi. On attends un jugement sur le fond (24 novembre) ; 3 ans pour obtenir un jugement en référé, mouais, bravo la presse. Que Google ne soit pas complètement innocent dans l'affaire, certes. Mais qu'on me fasse pas croire que la presse belge soit innocente non plus ; elle avait le temps de réagir, de ne pas se laisser indexer. Bref, nous avons affaire à 2 têtes de mules qui jouent avec le droit d'auteur pour savoir qui, outre les avocats, gagnera des sous avec.

Tout cela serait sans intérêt particulier si... Google n'avait pas aussi désindexé les journaux belges de la fonctionnalité de recherche. J'en connais qui sont prêts à beaucoup de chose pour apparaître dans Google, c'est un énorme apporteur de visiteurs (surtout des obsédés d'ailleurs). D'ailleurs certains cherchent même à être indexé par Google News, en plus de leur indexation sur le moteur de recherche, justement pour capturer plus de visiteurs. C'est une réaction logique de la part de Google ; vous m'attaquez, vous voulez pas que je vous référence sur Google News ? Ben, alors, hop, vous virez aussi de l' "index". Quel est donc le slogan de Google ? Don't be evil ? C'est loupé ! Et voilà, google, soit vous jouer avancer avec eux (et vous vous laissez pomper votre contenu), soit vous avancer contre eux, et vous perdez aussi en visiteurs, donc en revenu lié à la publicité ! C'est un signal fort : si vous n'acceptez pas mes règles, disparaissez de ma maison. Ca se tiens debout, mais cela prouve que Google est maintenant un monopole qui peut faire ce qu'il veux. Comme ne pas trop respecter le droit d'auteur. Ca rappelle un peu Microsoft qui fait la pluie et le beau temps en informatique. Ah, qu'est ce que je disais déjà il y a un an ?

lundi 7 août 2006

Photoshop, c'est le mal

Photoshop, ça pue, c'est pas libre. Et en plus, ca sert à faire de la merde avec. Franchement, le toshopage de Reuters, il est vraiment grossier. Même moi j'aurais pu faire mieux, c'est dire. Et des trucs dans le même genre ailleurs aussi.

J'attends de la part de Reuters (et des gens qui reprennent leurs dépêches) des infos factuelles. Pas des montages. Sinon, autant se mettre à rajouter quelques morts tout les jours. De toute façon, s'ils sont morts, ils peuvent pas se plaindre. Des vrais infos avec des photos truquées/faussées, je n'appelle pas ça des infos. Mais malheureusement, les infos, ça sert à se distraire, et au même titre que Holywood soigne ses effets spéciaux, les journaleux font de même. Monde de merde.

lundi 31 juillet 2006

Des nouvelles de la télé

N'ayant plus réglé les canaux de l'appareil nécessaire à la réception de la télévision, mais qui me sert encore d'écran pour une console de jeu bidouillée, je ne m'intéresse plus vraiment à la télé. Mais bon. L'Etat offre gratuitement de nouveau canaux à de grandes chaînes pour le passage au tout TNT (prévu pour 2011). Ce ne serait pas une bonne idée tout ça, si j'en crois le blog des (multi)médias :

Pourquoi cette décision est elle choquante ? Parce que TF1 étouffe depuis 20 ans l’audiovisuel français avec son poids sur le marché publicitaire (quasiment 50% des recettes !), qui empêche l’émergence d’autres acteurs. Et son poids sur l’audience lui donne une telle influence auprès des hommes politiques que tous cèdent à ses caprices

Il y a pas dire, la télévision, c'est vraiment une arme d'abrutissement massive...

mercredi 5 juillet 2006

Du bon usage des commentaires

J'apprends chez Guillermo que Libération ouvre ses commentaires. C'est marrant, j'avais même pas remarqué ce changement ; on dirait que ce n'est pas le cas sous tous les articles. Une superbe idée que je me dis, m'opposant à cela en Guillermo. J'ai le souvenir d'un fan de SPIP à ses débuts, qui me tint un discours a peu près semblable au début de l'apparition de commentaires sur les pages webs :

Poster sur un SPIP oblige à se relire, à bien faire attention à ne pas dire de conneries, à bien vérifier ses sources. Sinon, parmis la foules de lecteurs, il se trouvera quelqu'un pour vous corriger, vous décrédibilisant, et risquant de décrédibiliser le restant des autres rédacteurs de ce site. C'est un travail presque plus difficile que celui d'un journaliste, finalement, qui n'a de comptes à rendre qu'à son rédacteur en chef, pas à ses lecteurs aussi. Et puisque tout un chacun pourra critiquer un article dans les commentaires, les erreurs des mauvais articles auront bien moins d'impact. De plus, en apportant le point de vue d'autres personnes, les commentaires peuvent apporter un certain nombre d'éléments ou d'éclairages nouveaux, ce qui est impossible avec la presse. Vivement le jour où toutes les pages web intégreront des commentaires !

Raison pour laquelle, je survole toujours les commentaires sous les articles que je lis sur le web, et tout le monde devrait en faire de même...

Vous vous souvenez de l'affaire Garfieldd, et de l'article dans Libération ? Un article d'une aussi mauvaise qualité publié sur le web se ferait déchirer dans les commentaires. Cela aurait de suite réduit l'impact de ce torchon auprès des lecteurs en ligne. Et au bout du compte, obligerait Libération à faire attention avant de publier n'importe quoi (je suppose là que la non-existance de commentaires sous tous les articles est pour le moment un problème d'ordre technique, et non délibérée pour les plus mauvais articles). D'ailleurs, il y en a un qui s'est déjà fait prendre (quel beau FUD tout de même. Et le coup de la délocalisation, wahou, j'en rigole). Pour un blogueur, j'ai là une illustration très récente, d'un commentaire qui a permis de rectifier le tir. La différence, c'est que pour le blogueur, il est presque permis d'écrire des âneries.

Oui, mais voilà, il suffit d'aller sur le site de Libération pour constater les dégâts. Sur certains articles, les commentateurs complètent un peu l'article. Mais sur d'autre, leur contenu est sans aucun intérêt. On dirait ceux de TF1, qui offre la possibilité de commenter l'actualité depuis bien longtemps. A la vue de ces dégâts, je comprends donc le point de vue Guillermo qui avait fait ce même constat de médiocrité. Mais je ne suis pas d'accord avec la conclusion : ces commentaires ont pour moi leur utilité (outre donner aux lecteurs de Libé l'impression de participer), et on est pas obligé de les lire. Ces commentaires partent souvent en c**lle, mais est-ce de la faute à Libération ? Peut-être.

  • Avant de poster, il devrait être obligatoire de lire tous les commentaires précédents, ou au moins de les survoler. C'est du bon sens, qui semble ne pas être respecté par tous. La mise en pages du site de Libé ou de TF1 donne l'envie de réagir sans avoir lu. Comme le font quasiment tous les blogueurs, le formulaire permettant d'ajouter un commentaire devrait se situer à la fin des commentaires. C'est logique : on poste une fois qu'on a tout lu.
  • Dès lors que la douzaine de commentaires est couramment atteinte, afin d'y voir clair dans les discussions d'un fil de commentaires, il devait y avoir une "arborescence" (tel que sur linuxfr, ou les sites SPIP, tel uzine), plus propice aux réponses entre commentateurs. Et d'ailleurs, puisque l'existance d'une arborescence ne fait pas de mal avec moins de commentaires, je ne comprends pas pourquoi cela n'est pas implémenté dans tout ce qui permet de discuter (en fait je pense surtout à dotclear là)... Au contraire, la mode sans être à la mise à plat, même chez gmail, bien moins commode pourtant.
  • Il est dommage que Libé ne propose pas aux lecteurs d'indiquer de profil/page web. Pas très dans les usages du web. Il pourrait être intéressant de pouvoir consulter le 'profil ' d'un posteur, ou son blog.
  • 2000 caractères maximum. C'est peu et beaucoup, et pour moi limiter les commentaires en taille est une erreur. Au pire, si c'est pour conserver la mise en pages, user d'un lien en DHTML 'voir tout le commentaire ' d'un commentaire vraiment très long. Et passer la limite de taille à par exemple 10 000 caractères, qu'aucun commentateur humain ne devrait jamais atteindre
  • Pas de possibilité de linker une autre page web. Comment signaler du contenu intéressant sur le web complétant l'article en ce cas ? Or, un bon nombre de commentaires potentiellement intéressants se résument en un lien...

Ou peut-être pas : ce sont les lecteurs qui laissent des textes sans intérêt, pas Libération. Et d'ailleurs chez moi aussi, j'observe ce phénomène de commentaires sans intérêt, voire de cours de récréation. Le problème est dans la faute des commentateurs aussi. J'ai l'impression en observant ce post, d'une part que la bétise attire la bétise. Plus il y a de commentaires hors sujet, et plus le rythme de ces pollutions s'accélère. Mais j'aime pas jouer au censeur, et puis certains aiment ce genre de posts (à ne pas louper aussi, le hamster nain et Question pour un champion de be-rewt). Toutefois, pour élever le débat, je crois que je vais devoir couper ; un débat dirigé par un censeur un poil fasciste (modérateur), mais pas trop améliorant les choses. Malheureusement. Et puis, non j'aime pas la censure.

Vieux con ayant connu usenet, j'ai souvenir qu'on disait aux newbies d'AOL :

  • Soyez vraiment certains que ce que vous dites est vraiment prodigieusement intéressant, avant de le faire afficher sur l'écran de milliers de personnes qui n'ont pas envie de perdre votre temps avec vos états d'âme. Un bon mètre-étalon serait de vous demandez si vous êtes aussi intéressant que l'article que vous commentez. Par exemple, on n'en a strictement rien à faire de vos comparaisons en 2 lignes entre le traitement américain de l'Irak et de la Corée du Nord. Surtout quand 99,9% des lecteurs de Libé pensent la même chose.
  • Cela peut-être n'intéressera que la personne a qui vous répondez ? Envoyez-lui un mail plutôt que de poster publiquement.
  • Quand on poste, on respecte dans la mesure du possible, orthographe, grammaire ponctuation. Mais on ne critique jamais l'orthographe d'autrui, sauf si vraiment c'est trop gros. Et de préférence, par mail.
  • Si vous n'avez rien à dire, vous n'avez rien à dire. Si vous voulez poster votre pleine approbation sans rien rajouter d'autre, évitez (malheureusement, le "+1" et les termes plussoyer et moinser montrent que cela est de moins en moins respecté, un peu partout).

Tout cela grossièrement, si vous ne le faites déjà, appliquez-le quand vous postez. Oui, je sais, pour cause de spams, les mails sont de plus en plus cachés, mais pas forcémment introuvables. En tout cas, j'applique autant que possible ces règles. Je ne en conséquant suis pas un très gros commentateur : il y a des blogs que je suis depuis des mois dans mon aggrégateur sur lesquels je n'ai jamais posté, mais j'estime surtout ne pas être un pollueur. Evidemment sur certains trollodromes c'est permis de raconter des conneries qui font souvent partie du folklore. Il est vrai aussi qu'un blogueur aime recevoir des commentaires (illustration). Mais j'apprécie plus encore de lire des choses intelligentes. Et de recevoir des mails aussi.

Faites donc un geste pour l'humanité : ne publiez publiquement sur internet que des choses prodigieusement intéressantes ; essayez de faire remonter le rapport signal/bruit. Vous aussi vous êtes heureux quand il est élevé. Et puis, ça vous fait gagner du temps aussi de ne pas taper un texte qui ne sera pas lu.

vendredi 30 juin 2006

Veilleries : Martin Winckler

J'ai gardé une copie de la page web où Martin Winckler parlait de son limogeage sur France Inter, au tout début de l'affaire. C'est par elle, que j'ai découvert son génial site. Probablement par l'un où l'autre libriste assez déçu de constater qu'un chroniqueur qui a plusieurs reprises avait la promotion des logiciels libres disparaisse du PAF. Ainsi, j'y ai découvert que techniquement, la médecine permettait aux femmes d'éviter les menstruations depuis un long moment (mais que visiblement, très peu le souhaitent, cela étant rassurant de ne pas se savoir enceinte, ou ne pas avoir trop d'effet visibles d'un gobage d'hormones de synthèse). Nul doute que si Martin Winckler devait commencer à publier aujourd'hui, il aurait mis un dotclear et appelé cela son blog. J'apprendrais le droit chez Eolas, et la Gynécologie chez Martin Winckler (mais si quelqu'un pouvait m'apprendre le fonctionnement d'un cerveau féminin, ce me serait sans doute plus utile que le fonctionnement de l'appareil reproducteur).

Rappelons l'histoire : Martin Winckler est gynécologue, mais je ne sais comment, il s'est retrouvé à tenir une chronique quotidienne sur France Inter, entre septembre 2002 et juillet 2003, sujet libre, mais le médical revenait souvent, où il parlait assez librement, et n'hésitais pas à interagir avec ses auditeurs par le biais de son site internet. Assez original comme manière de faire. Il avait pleine liberté de parole, et s'est mis à parler (en mal) d'un annonceur, le LEEM représentant l'industrie pharmaceutique (la chronique en question, du 15 mai 2003 est en commentaire sur cette page). Visiblement, ça n'a pas plus à l'annonceur (étonnant, non ?). A quelques jours de la fin de la saison, l'émission s'arrête brusquement. Que Martin Winckler se soit embrouillé avec la radio lors de la guerre en Irak, que ses méthodes originales ne plaisaient pas, on peut l'admettre. Peut-être n'y avait-il pas lieu effectivement de reprendre l'emission à la rentrée, pour ces raisons. Mais alors, pourquoi stopper brusquement l'émission a 10 jours de l'arrêt de sa diffusion ? Et cela sans avoir d'émission de remplacement ? La réponse se devine quand on entends diffusé un droit de réponse de cet annonceur. Wincler avait-il diffamé ? La source de Martin Winckler (Philippe PIGNARRE, « Le grand secret de l’industrie pharmaceutique ») n'a pourtant pas été inquiétée à ma connaissance. Simple colision d'intérêt : ça ne se fait pas de dire du mal d'un annonceur. D'ailleurs, il était médecin et pas journaliste n'a pas manqué de faire remarquer Jean-Luc Hees, le patron de France Inter. Le journaliste aurait sans doute su qu'il faut parler des annonceurs avec des pincettes.

Cette histoire a probablement permis à Winckler de se faire connaître, mais surtout illustre clairement qu'on peut acheter une ligne éditoriale par de la publicité. Et voilà qui explique l'état lamentable de la presse informatique depuis un certain temps en France (au fait, ça y est, tout les titres de cette presse de caniveau ont disparus ?). Ou le pourquoi du comment les féminins sont toujours très enthousiastes de tout les produits dont ils parlent : c'est leurs annonceurs. Bref, méfions-nous de la presse, son indépendance se dissous dans la publicité.

jeudi 11 mai 2006

Air chiotte planque-t'il 300 millions de Francs au Japon ?

Eolas a publié quelques pages sur le droit des étrangers qui m'on rappelé qu'il fallait s'inscrire à la maison communale en Belgique, et ici, c'est moi l'étranger. Même s'ils ne peuvent pas me refuser le séjour sur leur territoire (Europe, toussa). Bon, et la suite de l'épisode Air Chiotte m'apprends qu'en Belgique, suite à la mort d'un étranger reconduit à la frontière : Le pays a été outré par cette affaire et s'est massivement indigné. Personne n'est au courant pour les 2 morts (provoqué par les) Français de anière similaire. Vérification de l'affaire aujourd'hui même : les Belges se souviennent très très bien de l'affaire 8 ans après (mais les Français qui sont avec moi se rattrapent en lisant Eolas). Alors certes, la Belgique, c'est pas la France, mais je suis vraiment étonné que ce qui provoque un énorme scandale ici soit complètement oublié en France. Et même étonné qu'on ait pas plus parlé de ces morts en France.

Il y a quelque temps, j'accusait les journaux d'être des distractions. Continuons : j'ai bien envie de mettre ça sur le dos des journaux aussi. Au moment de la mort de Semira Adamu, les journaux Belges n'avaient rien à dire : ils en ont fait leur titre. Au moment des deux cas Français, il y avait sans doute autre chose à dire. Les journaux c'est un poids énorme sur l'opinion publique. Et cela peut être malsain... Et en disant ça, j'ai l'impression d'avoir enfoncé une belle porte grande ouverte pour inventer l'eau chaude. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on à la journée de la femme ou la journée de la lutte contre le SIDA, la journée sans achat, ou la journée de ceci-cela : ça fait une information que les journaux (et un fameux moteur de recherche) aiment bien. Donc c'est noté, j'ai le droit d'être un gros macho 364 jour par an, puisque personne ne parle des femmes les autres jours.

Remarquez aussi que dès que l'affaire Clearstream devient trop tordue (qui ment et dit quoi ? c'est devenu bien trop compliqué pour une simple distraction, en attendant l'adaptation improbable en thriller 16/9ème), le Français en conclu : la chiraquie - voire la politique en général - est un gros tas de magouilleurs (d'ailleurs, que devient la google bomb ?) et certains gros patrons magouillent aussi de pair avec le pouvoir, ce qu'il savait déjà. Donc les journaux lui trouvent un autre fait divers, et ça tombe bien, on peut parler coup sur coup de 2 enlèvements/assassinats/viol d'enfant/autre truc infâme. Pendant ce temps-là, les américains torturent à Guantanamo et la Chine condamne à mort ses opposants, mais c'est plus assez rock'n'roll pour nos journaux. Il y a aussi des Africains qui meurent du SIDA, mais ceux-là, tant mieux, il ne connaitront pas Air Chiotte.

jeudi 20 avril 2006

Un journal, c'est comme la Starc Ac' : ca sert à distraire

Dans le journal Métro, édition de Bruxelles d'aujourd'hui, on vous présente comme info sérieuse, un des poissons d'avril de Thinkgeek : le fameux 1-UP mushroom à faire pousser vous-même (modèle issu du jeu Super Mario). Une erreur de plus à mettre dans la collection de conneries que l'on trouve dans la presse. Ca faisait longtemps que je n'en avais plus recensé (par ici notamment), c'était louche (merci à Salagir & Ignace)...

Aux Etats-Unis, une histoire tordue de chat paumé dans les murs d'un bâtiment fait la une des journaux.

En France, c'est lorsqu'on ne peut plus parler du CPE qu'on découvre qu'un député s'est engagé dans une grève de la faim depuis quelques semaines. Ca fait plaisir de voir qu'il y a encore des députés qui pensent à autre chose qu'à leur carrière ou à s'en mettre plein les poches. Mais pour 150 emplois délocalisés à 20 lieues en circonscription voisine, je me demande s'il ne ridiculise pas la France plus qu'autre chose (il n'y a visiblement, que du copier/coller des dépêches AFP & Reuters dans la presse internationale selon mon indic).

Les amendements inadmissibles proposés à DADVSI au Sénat, qui en parle ? (à part les trucs de geeks ?). Aujourd'hui, j'ai vraiment le sentiment que lire la presse, c'est se distraire en ayant comme excuse de s'informer. Autant lire des blogs et être honnête avec soi-même. Je ne parle même pas des journaux télévisés. Aujourd'hui, quand par accident je trouve une télé allumée, et que je m'assois devant (oh, ça n'arrive pas souvent), je me demande comment on peut passer des heures devant quelque chose d'aussi nul.

Update : et j'oubliais là de parler du fait divers un peu plus tragique que d'habitude dont les journaux Belges ne cessent de parler depuis 3 semaines. Pourquoi la presse s'est emparée de lui ? N'est-ce pas de la distraction que de se tenir informé à ce point sur ce fait divers ? Et pourquoi avoir besoin d'attendre les rebondissements de l'enquête pour parler de racisme ? On aurait pu parler de racisme sans enquête, et même sans parler de son meurtre. Mais bon, ça occupe les foules et fait vendre des journaux à ceux qui utilisent l'excuse de s'informer.

jeudi 10 novembre 2005

Quasi-monopole de l'expression publique

Journalistes

Cette semaine, on pourra donc s'amuser avec le Figaro qui titre Sondage : Villepin et Chirac en baisse" (ici) et le Nouvel Observateur qui titre exactement l'inverse, "Popularité en hausse pour MM. Chirac et de Villepin" (ici).
404 Brain Not Found.


Via Veuve Tarquine.

Politiques

J'avais remarqué que l'UMP avait acheté Banlieues, en fait ils ont acheté beaucoup plus que cela : Jospin, Arlette Laguiller, François Bayrou, marxiste, LCR....

Quand des entreprises utilisent des marques concurrentes pour se faire de la publicité sur leur dos grâce à AdWords, elles se font régulièrement condamner (avec Google) pour contrefaçon (j'en parle ici, ici et là). Et quand c'est un homme ou un parti politique qui utilise le nom de ses adversaires, ça s'appelle comment ? Je ne sais pas si c'est légalement condamnable, mais moralement c'est petit, très petit.
P.S. les publicités AdWords ne coûtent à l'annonceur que lorsqu'on s'en sert. Alors n'hésitez pas à cliquez dessus, vous aiderez à dépenser le budget pub de l'UMP.
Padawan, UMP : après le spam, la contrefaçon ?
De moi-même, j'avais suivi le conseil, et je pense n'être pas le seul. Voyons ce qu'en dit un article de Libération :
Lundi, à 14h00, plus de 3.000 personnes avaient signé la pétition en ligne, qui bénéficiait d'un taux de clic record: 10% des utilisateurs de Google ayant eu droit à la publicité se sont rendus sur le site de l'UMP.
Et combien d'entre eux ont fait comme moi ? 9 internautes sur 10 ?
Résultat, les termes «émeutes», «cité», «racaille», «caillera», «voyous», «keuf», mais aussi «Jospin» ou encore «marxiste» faisaient apparaître un lien publicitaire pour la pétition. «Peu à peu nous nettoyons les mots gênants», poursuit-il.

Vous connaissez la loi du spammeur qui dit qu'il est incapable de raconter la vérite ? Elle s'applique encore une fois : l'UMP a acheté les mots-clefs, elle n'a donc rien à nettoyer, ce qui arrive est purement volontaire !
Rien qu'en s'informant sur les méthodes de l'UMP, on est sur de pas voter pour eux. On pourrait se dire que c'est parce que les gens sont bêtes qu'ils mordront à l'hameçon de la plus grande gueule médiatique, comme cela a déjà été le cas ?

Heureusement, il reste encore des partis intègres qui avancent des idées ? En tout cas, pas au PS. Ah, ces merveilleuses stratégie de communication ! Et chez les verts ?

L’exposé des dissensions internes d’un mouvement sur la place publique fait peur. Cette peur rejoint la peur des journalistes face à la perte de leur quasi-monopole de l’expression publique : les Jeunes Verts ont peur que la “com” officielle ne soie polluée par les blogs des militants. Comme les journalistes avant eux, les mouvements politiques devront à l’avenir prendre acte de cette perte de monopole et l’accompagner au lieu de lutter contre. La leçon numéro deux, c’est d’inciter les Jeunes Verts à ne pas avoir peur d’eux mêmes.
Muad'dib, Le blog est un cauchemar de Jeune Vert

Justement, justement, je suis pour l'individualité, que chacun s'exprime sur ses idées, internet est la pour cela. Ce quasi-monopole de l'expression publique n'était qu'artificiel, et n'était même pas garantie de qualité, bien au contraire, on en a encore l'illustration. Et qu'on arrête la propagande politique, l'idée de ligne unique qui ne mêne à rien. On se doute bien que vous n'êtes pas tous d'accord sur tout. Soyez naturel, on veux des idées et des gens pour les défendre, pas des stratégies de communication. L'UMP me fait pitié, mais Bix (par qui je suis arrivé sur ces lignes) arriverait presque à me convaincre de voter pour les verts... J'ose espérer qu'en 2007 ce n'est pas Sarkozy qui sera élu, je serais obligé d'en déduire qu'Elections, pièges à cons !

Bon en fait un billet en copier/coller, c'est long aussi à faire.

mercredi 20 juillet 2005

L'appartement de fonction qui cache la forêt

Après l'affaire Gaymard, un rapport cinglant dénonce une «privilégiature» de salariés logés par l'Etat, selon Libération :

Florilège : le directeur de la bibliothèque de l'Arsenal est logé dans un appartement de 230 m2 au coeur du Marais pour un loyer de... 500 euros. Un des directeurs du Centre national des arts plastiques paye un peu plus cher (600 euros) pour un logement pourtant plus «petit» (141 m2) dans le XIIIe arrondissement. Le directeur du Conservatoire national supérieur de musique de Paris : 200 m2, 8 pièces et zéro euro de loyer. Zéro aussi pour le directeur de la bibliothèque du Centre Pompidou, qui occupe un magnifique 219 m2 rue de Venise, à côté de Beaubourg

Bien, qu'y-a-t'il de choquant ici ? Rien. Je ne sais pas combien ces personnes cités ici gagnent. Imaginons qu'en plus d'un appartement bon marché, leur salaire ne soit que l'équivalent du SMIC ? Oh, ben ça alors, il gagnent pas terriblement nos hauts fonctionnaires finalement ? Le logement de fonction est à considérer comme faisant partie de la rémunération. Il y a aussi des gens qui ont des logements de fonction dans le privé. Ces exemples sont donc sans grande valeur. Evidemment, je ne pense pas que ces personnes ne gagnent que l'équivalent du SMIC ; néanmoins ils sont sans intérêt sans cette précision importante.

En guise de conclusion, dans ce même article :

«Selon l'Inspection générale des finances, la valeur locative de ces 137 000 logements représente 1,4 milliard d'euros.» Mais l'Etat n'encaisse que... 30 millions d'euros de loyers.

Ca vous fait vite dans le sensationnel. Je viens de dire qu'il faut considérer ces logements comme faisant partie de la rémunération des hauts fonctionnaires. Si on louait ces logements au prix du marché, et qu'on augmentait la paye de leurs occupants de la même somme, qu'on concluerai-t-on ? Que l'Etat gère bien son patrimoine ? Quelle serait l'économie pour l'Etat ? 1,4 milliards de loyers encaissés, auxquels on soustrait 1,4 milliards de salaires supplémentaires : 0 €uros.

Heureusement Libération précise que : Tous ces avantages bénéficient à des cadres supérieurs de la fonction publique, disposant déjà de traitements confortables. On se focalise sur l'abus dans les attributions d'appartements de fonction, mais on oublie le reste.

Le reste : voiture de fonction, personnel de fonction, rémunération, autres avantages en nature. Combien gagne réellement le directeur de la bibliothèque de l'Arsenal ? Et ses autres collègues logés par le ministère de la culture notamment ? Voilà la vraie question à laquelle il faudrait répondre. Et une fois la réponse connue, il sera peut-être possible d'en conclure que l'Etat modeste dont on nous bassinait il y a peu de temps a encore du chemin à faire (ou l'inverse). Il n'en reste pas moins que les disfonctionnements observés dans l'attribution de ces logements sont alarmants :

«L'attribution de ces logements est faite souvent au mépris des dispositions réglementaires [...]. Le ministère n'a pas été en mesure de produire un tableau complet et à jour des logements de fonction situés dans les immeubles de l'Etat.» Cette «carence d'information» permet «à chaque service [d'agir] comme bon lui semble, et sans directive fixant les règles d'attribution». Les plus grandes incertitudes pèsent sur le nombre d'agents bénéficiant de logements. «Ni les domaines ni les ministères ne tiennent de liste à jour, déplore le rapporteur. Il y aurait entre 94 000 et 137 000 logements de fonction pour les agents de l'Etat.»

Mais ces appartements ne sont certainement que l'arbre qui cache la forêt.... Et si on faisait bêtement une loi plafonnant la somme du salaire et des avantages en nature des hauts fonctionnaires à 10 ou 15 fois le SMIC ? (et encore, certains me dirons que je suis bien gentil là).