Ah la SNCF, magnifique service de tranport d’un centre-ville a un autre centre-ville a prix modiques. Surtout pour les possesseurs d’une carte 12-25. Il suffit de s’assoir, d’ouvrir un bon bouquin, et hop, on arrive tout reposé à l’autre bout de la France sans s’en apercevoir si le bouquin fut bon, mais rien n’empêche de prévoir plusieurs livres. Je pourrais critiquer la politique de réductions de la SNCF, mais je ne le ferais pas. Je pourrais critiquer le fait que la SNCF soit en cours d’ouverture, comme d’autres services publics tels que le téléphone et l’électricité, mais avec un peu plus de retard. Je pourrais le faire positivement ou négativement (c’est mes supers-pouvoirs de troll
), mais je ne le ferais pas.
J’ai un peu googlé : la presse salue unanime l’arrivée du Corail Téoz. Et bien moi je vais faire l’inverse : je vais vous expliquer ce que j’en pense et en tant qu’utilisateur, je ne les suit pas. Les journalistes ne doivent probablement pas emprunter souvent les trains. Ou du moins, pas de la même manière que moi.
Je vais commencer pour vous raconter l’histoire de mon voyage vendredi dernier. Je suis passé sur internet pour commander mon premier voyage sur un Téoz, puisque la réservation devient obligatoire. La veille a 21h, pour un départ le lendemain avant 14h00. Pour prendre le billet soit on prends une option, soit on paye par CB. J’opte pour le payement par CB en ligne ca m’évite d’avoir a venir plus de 30 minutes avant a la gare (20 minutes suffisent pour retirer un billet au distributeur). De toute facon, la loi Française que personne ne connait, sauf le banquier qui nous dit l’inverse, protège le consommateur contre les fraudes a la CB (et sniffer c’est déjà difficile, et casser du SSL, c’est impossible). Pour réserver le billet, il leur faut aussi mon nom et mon prénom (normal), mais aussi mon adresse email. Pour m’envoyer de la pub, et pas moyen de demander a pas la recevoir. C’est du pur foutage de gueule ! ! ! Je prends donc une adresse email jetable valable 24 heures (d’ici là le train sera arrivé). Au moment de retirer le dossier, on me dit qu’il n’est pas disponible sur les distributeurs. C’est malin, faut passer au guichet. Heureusement je suis là plus en avance que d’habitude. Et surprise : malgré un "payement en ligne" avec les numéros de vérifications, il faut faire son code dans l’appareil ! Heureusement que j’avais emmené ma CB avec moi ! C’est nul leur système anti-fraude, pour un service qui leur coute peu (une personne de plus ou de moins dans un train a moitié vide...), on nous demande de sortir 2 fois la CB (et oblige a quand meme prendre la CB). Ce qui accessoirement coute aussi du temps de travail aux guichetiers (alors que les files étaient bien longues), je suis sur que s’ils avaient bien calculés, comme les péages autoroutiers, il preferaient quelques fraudeurs plutot que de blinder leur système. Et bien sûr, le site de voyage-sncf (filiale de la SNCF, c’est la fameuse ouverture a la concurrence) est bourrée de pubs. D’habitude, pour avoir les horaires des trains, même en france, je prends le site des chemins de fers suisse qui est mille fois mieux : plus rapide, plus ergonomique, et une pub discrète. Evidemment, on commande pas de billets en ligne, mais c’est tout ce dont j’ai besoin (puisque finalement le Téoz a part en période de grands départs, il est pas plein). Pas besoin de pubs Avis, ou pour des billets d’avions. Donc, j’ai mon billet, par une suite d’heureux évenements.
Je me dirige donc vers le quai. Des barrières. Des gens qui attendent, des files pour passer. Des gens qui doublent dans la cohue de la file, avec pleins de bagages partout. Un premier contrôle de billet. Seuls les gens avec un réservation peuvent aller sur le quai. Si ca permet d’éviter les vols de sac dans le train, c’est peut-être pas plus mal, mais est ce que cela l’empêche réellement ? Par exemple, le passage vers le métro Château-Landon de la gare de l’Est est-il aussi bloqué de la sorte ? Et qu’est ce qui empêche les vols a la sortie du train ? Donc même contre les vols, ca sert pas a bien y réfléchir. J’apprends qu’il y a toujours la possibilitée de prendre son billet au dernier moment au distributeur, donc je recommencerais plus les réservations en lignes. Quand je passe la barrière, le contrôleur lit mon billet : « voiture 6 ». Merci, je sais lire, j’ai BAC +5, et je prends assez souvent le train. Enfin bon, c’est pas méchant, et puis si d’autres trouvent que ce geste de la part du contrôleur est sympathique... Arrivée voiture 6, je rentre. Surprise, je découvre le nouveau look intérieur. Evidemment, le nouveau look moderne est plus agréable a l’oeil, mais ca reste les vieux wagons refaits. Les numéros des places sont indiqués par des afficheurs 7 segments, au lieu d’un coup de peinture, comme dans les corails normaux. Ca fait plus esthéthique, plus moderne, et surtout j’imagine que ca doit permettre d’optimiser le plus possible les placements en fonction de la fréquentation. Seulement imaginez-vous que l’alimentation électrique du wagon tombe en panne juste avant le départ ! ! C’est la pagaille, les gens ne savent plus où s’asseoir ! Sans réservations, le problème ne se saurait même pas posés... Bon, comme la voiture était pas trop chargée, on s’est débrouillé. Malgré les contrôles a l’entrée, le contrôleur repasse dans le wagon. Mais je n’en ai vu qu’un seul, a moins que je n’ai été trop concentré dans mon livre, là où d’habitude il y en a deux (voire trois). C’est normal, le barrage filtrant a l’entrée doit éliminer nombre de P.V. a bord, donc le travail est plus vite fait ; le filtrage sur les quais et la réservation obligatoire sert plutôt a réduire les frais de personnel. Mais alors pourquoi ne pas avoir profité pour baisser les tarifs ? Au contraire, on paye plus cher avec la rénovation !
Alors, qu’est ce qui a changé :
Plus confortable ? (selon la presse, et les communiqués de presses). Avant on avait des fauteils moelleux, et pas mal de place pour les pieds. Maintenant, il y a des fauteils moins confortables, et c’est le seul défaut que la presse reconnait moins de places pour les pieds. Moi je m’en fout, je suis petit, mais c’était pas la peine de rénover les wagons pour diminuer le confort et se vanter de l’inverse. Surtout pour les grands. Bon d’accord, c’est mieux aménagé en ce qui concerne les bagages.
Des prises électriques pour les PCs ? Mouahaha. En première uniquement. Je rappelle a la SNCF que ca lui aurait pas couté grand chose d’équiper la seconde classe aussi, comme c’est fait sur certains wagons de la Deutsche Bahn. Pourquoi c’est pas fait ? J’hésite entre une volonté délibérée pour vendre des billets de première classe, ou une incapacité des services marketing de la SNCF de s’habituer a sa clientèle d’habitués. Ben oui, la SNCF semble vouloir élargir sa clientèle avec ceux qui voyagent peu, mais en aucun cas ne semble vouloir conserver les fidèles autrement que par le programme "grand voyageur". Les habitués d’un Paris-Strasbourg équipés de PC portables (autonomie moyenne 2h, trajet 4h) seraient bien contents d’avoir des prises en seconde classe.
Wagons relookés ? C’est vrai que c’est plus moderne, mais il me semblait que je prennais le train avant tout pour me déplacer. Si je voulais voir des oeuvres d’art, j’irais dans un musée.
La réservation obligatoire et inclue dans le billet ? Je ne sais qu’au dernier moment quand je partirais. L’horaire du train s’adapte a moi, et ce n’est pas moi qui m’adapte au train (un train toutes les 2 heures en moyenne, et moins que ca en périodes de pointes). Les trains que je prends, hors périodes de pointes, ne sont de toute facon jamais remplis, donc c’est inutile. Plus moyen de gagner du temps et d’acheter a l’avancer un billet retour zone bleue, a cause de cette réservation. Et en plus il reste des trains corails normaux, dont le billet est pas au même prix ! Et quand l’électricité tombe a bord du wagon avant le départ, c’est la pagaille. Ca arrange plus la SNCF (prévisions des trafics facilités, moins de personnel a bord) que moi, alors qu’on m’en parle pas comme d’une avancée pour le client. Et même la SNCF y perds, puisque je n’achète plus les billets en avance, je squatte donc plus souvent leur système de payement, je ne paye plus en avance, et de manière plus hachée (donc plus de frais de payements CB).
Espace jeux pour les enfants ? Il y avait déjà dans certains Corails. Le problème, c’est que personne ne sait que ca existe. Et ceux qui savent que ca existe (les habitués) s’en foutent, ils voyagent pas avec des gamins. Il serait bon que la SNCF en parle plus, car un gamin qui crie pendant que la moitié du wagon essaye de lire et l’autre de dormir, ca fait désordre... Si le système de réservations obligatoire en profite pour placer tout les billets avec enfants près de cette espace alors ce sera le seul intérêt de l’opération de rénovation Téoz.
Je rajoute a cela que les billets de trains corails ne cessent d’augmenter ces dernières années systématiquement de manière plus importante que l’inflation. Que les contrôleurs sont de moins en moins sympathiques et de plus en plus chiants (a croire qu’on chercher tous a frauder ces 18 derniers mois, quand on me fait chier parce que j’ai pas de carte d’identitée, j’ai pas envie de reprendre le train), et les guichetiers aussi. Les remboursements pour les retards ont disparus. Bref, le service de la SNCF se dégrade, on a l’impression d’être les clients d’une société quotée en bourse qui cherche a maximiser son chiffre d’affaire sur le dos des client, pas d’être clients de ce qui était un service public.
Monsieur SNCF, occupez-vous bien de vos clients actuels fidèles plutôt que de chercher de nouveaux clients passagers, arrêtez de faire du bruit pour un rien (personne ne se fie a vos publicité pour choisir de prendre la SNCF ; vous n’êtes pas un fabriquant de lessives et n’avez aucun concurrent ferroviaire), arrêtez d’imaginez que tous les utilisateurs du Paris/Strasbourg sont des fraudeurs, contentez-vous de tranporter des gens (et du FRET) et tout ira mieux.
J’envoie tout ce texte a la SNCF, mais sans espoir d’obtenir autre chose qu’une réponse courtoise me disant que j’ai été entendu, mais qui sera sans suite dans les faits.