Quand le piratage créé des emplois
Par Maxime Ritter, jeudi 10 mai 2007 à 04:36 - Geekeries - #583 - rss
Je viens de retrouver chez moi des coupures de presse de l'époque où je n'avais ni blogue, ni haut débit (soit avant octobre 2000) ; on y parle des créations d'emploi dans le secteur du CD-R. A l'époque, je gravais beaucoup de logiciels et de jeux dont je savais parfaitement que je n'aurais jamais le temps de tous les essayer. Ne serait-ce que par le temps perdu à collectionner bêtement les médias (y compris des distributions Linux parfaitement légales d'ailleurs). J'ai arrêté, et je peux même annoncer que cela fait maintenant des années que je n'ai rien gravé à des fins d'archivages.
J'ai donc depensé quelques milliers de francs en CD vierges (et plus tard, quelques DVD), pour graver des choses piratées dont je n'avais pas l'usage, et n'aurait d'ailleurs jamais l'usage. Et je n'étais pas le seul geek dans ce cas. Ce faisant, nous avons créé des emplois, parmis les vendeurs de graveurs de CD/DVD, et les fabricants de médias. Je suis persuadé qu'à cette époque la majorité des CD vierges a servi de support à des détournements de droits d'auteurs. Si j'ai soigné ma collectionnite aiguë depuis un bon moment, d'autres continuent de le faire, probablement aussi en stockant sur des disques dur. Le logiciel piraté ? Jamais je ne l'aurais acheté, je ne m'en sers toujours pas, aucune perte donc, on a largement le recul pour le dire. Le CD vierge pour stocker ? J'ai acheté.
Est-ce que quand on se plaint du piratage qui met les artistes à la rue aujourd'hui on pense à ça ? Que penser du rôle ambiguë de Sony, maison de disques, fabricants de graveurs, fabricant de CD-R ? Des fabricants de lecteur MP3 pouvant contenir des quantités énormes de musique mais que peu de personnes peuvent remplir légalement ? (qui connaît Jamendo ?)
Tiens, vous vous souvenez de ce qui se disait du piratage massif de certains logiciels, 3DS Max en tête : "si les étudiants piratent, c'est qu'ils ont pas les moyens de se le payer. Ils apprenent à manier le soft, et plus tard en entreprise, ce sera celui piraté qui sera utilisé, et là , la licence sera parfaitement en règle". Argument d'époque qui explique pourquoi certains ont toujours fait semblant de gueuler contre le piratage, puisqu'ils n'ont obtenu aucune loi et fait arrêter personne (qui ne se livrait pas au commerce de fausses licences). D'ailleurs, avec Photoshop... Bref, le piratage, c'est pas toujours le mal... Mais l'hypocrisie reste omni-présente.



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