J'apprends chez Guillermo que Libération ouvre ses commentaires. C'est marrant, j'avais même pas remarqué ce changement ; on dirait que ce n'est pas le cas sous tous les articles. Une superbe idée que je me dis, m'opposant à cela en Guillermo. J'ai le souvenir d'un fan de SPIP à ses débuts, qui me tint un discours a peu près semblable au début de l'apparition de commentaires sur les pages webs :

Poster sur un SPIP oblige à se relire, à bien faire attention à ne pas dire de conneries, à bien vérifier ses sources. Sinon, parmis la foules de lecteurs, il se trouvera quelqu'un pour vous corriger, vous décrédibilisant, et risquant de décrédibiliser le restant des autres rédacteurs de ce site. C'est un travail presque plus difficile que celui d'un journaliste, finalement, qui n'a de comptes à rendre qu'à son rédacteur en chef, pas à ses lecteurs aussi. Et puisque tout un chacun pourra critiquer un article dans les commentaires, les erreurs des mauvais articles auront bien moins d'impact. De plus, en apportant le point de vue d'autres personnes, les commentaires peuvent apporter un certain nombre d'éléments ou d'éclairages nouveaux, ce qui est impossible avec la presse. Vivement le jour où toutes les pages web intégreront des commentaires !

Raison pour laquelle, je survole toujours les commentaires sous les articles que je lis sur le web, et tout le monde devrait en faire de même...

Vous vous souvenez de l'affaire Garfieldd, et de l'article dans Libération ? Un article d'une aussi mauvaise qualité publié sur le web se ferait déchirer dans les commentaires. Cela aurait de suite réduit l'impact de ce torchon auprès des lecteurs en ligne. Et au bout du compte, obligerait Libération à faire attention avant de publier n'importe quoi (je suppose là que la non-existance de commentaires sous tous les articles est pour le moment un problème d'ordre technique, et non délibérée pour les plus mauvais articles). D'ailleurs, il y en a un qui s'est déjà fait prendre (quel beau FUD tout de même. Et le coup de la délocalisation, wahou, j'en rigole). Pour un blogueur, j'ai là une illustration très récente, d'un commentaire qui a permis de rectifier le tir. La différence, c'est que pour le blogueur, il est presque permis d'écrire des âneries.

Oui, mais voilà, il suffit d'aller sur le site de Libération pour constater les dégâts. Sur certains articles, les commentateurs complètent un peu l'article. Mais sur d'autre, leur contenu est sans aucun intérêt. On dirait ceux de TF1, qui offre la possibilité de commenter l'actualité depuis bien longtemps. A la vue de ces dégâts, je comprends donc le point de vue Guillermo qui avait fait ce même constat de médiocrité. Mais je ne suis pas d'accord avec la conclusion : ces commentaires ont pour moi leur utilité (outre donner aux lecteurs de Libé l'impression de participer), et on est pas obligé de les lire. Ces commentaires partent souvent en c**lle, mais est-ce de la faute à Libération ? Peut-être.

  • Avant de poster, il devrait être obligatoire de lire tous les commentaires précédents, ou au moins de les survoler. C'est du bon sens, qui semble ne pas être respecté par tous. La mise en pages du site de Libé ou de TF1 donne l'envie de réagir sans avoir lu. Comme le font quasiment tous les blogueurs, le formulaire permettant d'ajouter un commentaire devrait se situer à la fin des commentaires. C'est logique : on poste une fois qu'on a tout lu.
  • Dès lors que la douzaine de commentaires est couramment atteinte, afin d'y voir clair dans les discussions d'un fil de commentaires, il devait y avoir une "arborescence" (tel que sur linuxfr, ou les sites SPIP, tel uzine), plus propice aux réponses entre commentateurs. Et d'ailleurs, puisque l'existance d'une arborescence ne fait pas de mal avec moins de commentaires, je ne comprends pas pourquoi cela n'est pas implémenté dans tout ce qui permet de discuter (en fait je pense surtout à dotclear là)... Au contraire, la mode sans être à la mise à plat, même chez gmail, bien moins commode pourtant.
  • Il est dommage que Libé ne propose pas aux lecteurs d'indiquer de profil/page web. Pas très dans les usages du web. Il pourrait être intéressant de pouvoir consulter le 'profil ' d'un posteur, ou son blog.
  • 2000 caractères maximum. C'est peu et beaucoup, et pour moi limiter les commentaires en taille est une erreur. Au pire, si c'est pour conserver la mise en pages, user d'un lien en DHTML 'voir tout le commentaire ' d'un commentaire vraiment très long. Et passer la limite de taille à par exemple 10 000 caractères, qu'aucun commentateur humain ne devrait jamais atteindre
  • Pas de possibilité de linker une autre page web. Comment signaler du contenu intéressant sur le web complétant l'article en ce cas ? Or, un bon nombre de commentaires potentiellement intéressants se résument en un lien...

Ou peut-être pas : ce sont les lecteurs qui laissent des textes sans intérêt, pas Libération. Et d'ailleurs chez moi aussi, j'observe ce phénomène de commentaires sans intérêt, voire de cours de récréation. Le problème est dans la faute des commentateurs aussi. J'ai l'impression en observant ce post, d'une part que la bétise attire la bétise. Plus il y a de commentaires hors sujet, et plus le rythme de ces pollutions s'accélère. Mais j'aime pas jouer au censeur, et puis certains aiment ce genre de posts (à ne pas louper aussi, le hamster nain et Question pour un champion de be-rewt). Toutefois, pour élever le débat, je crois que je vais devoir couper ; un débat dirigé par un censeur un poil fasciste (modérateur), mais pas trop améliorant les choses. Malheureusement. Et puis, non j'aime pas la censure.

Vieux con ayant connu usenet, j'ai souvenir qu'on disait aux newbies d'AOL :

  • Soyez vraiment certains que ce que vous dites est vraiment prodigieusement intéressant, avant de le faire afficher sur l'écran de milliers de personnes qui n'ont pas envie de perdre votre temps avec vos états d'âme. Un bon mètre-étalon serait de vous demandez si vous êtes aussi intéressant que l'article que vous commentez. Par exemple, on n'en a strictement rien à faire de vos comparaisons en 2 lignes entre le traitement américain de l'Irak et de la Corée du Nord. Surtout quand 99,9% des lecteurs de Libé pensent la même chose.
  • Cela peut-être n'intéressera que la personne a qui vous répondez ? Envoyez-lui un mail plutôt que de poster publiquement.
  • Quand on poste, on respecte dans la mesure du possible, orthographe, grammaire ponctuation. Mais on ne critique jamais l'orthographe d'autrui, sauf si vraiment c'est trop gros. Et de préférence, par mail.
  • Si vous n'avez rien à dire, vous n'avez rien à dire. Si vous voulez poster votre pleine approbation sans rien rajouter d'autre, évitez (malheureusement, le "+1" et les termes plussoyer et moinser montrent que cela est de moins en moins respecté, un peu partout).

Tout cela grossièrement, si vous ne le faites déjà, appliquez-le quand vous postez. Oui, je sais, pour cause de spams, les mails sont de plus en plus cachés, mais pas forcémment introuvables. En tout cas, j'applique autant que possible ces règles. Je ne en conséquant suis pas un très gros commentateur : il y a des blogs que je suis depuis des mois dans mon aggrégateur sur lesquels je n'ai jamais posté, mais j'estime surtout ne pas être un pollueur. Evidemment sur certains trollodromes c'est permis de raconter des conneries qui font souvent partie du folklore. Il est vrai aussi qu'un blogueur aime recevoir des commentaires (illustration). Mais j'apprécie plus encore de lire des choses intelligentes. Et de recevoir des mails aussi.

Faites donc un geste pour l'humanité : ne publiez publiquement sur internet que des choses prodigieusement intéressantes ; essayez de faire remonter le rapport signal/bruit. Vous aussi vous êtes heureux quand il est élevé. Et puis, ça vous fait gagner du temps aussi de ne pas taper un texte qui ne sera pas lu.