Les dinosaures sont maintenus en vie par l'UMP
Par Maxime Ritter, dimanche 2 juillet 2006 à 01:18 - Politique - #484 - rss
Bon, puisque la DADVSI a été adoptée dans une certaine indifférence, grâce aux exploits de 2 fois 11 joueurs qui font tout oublier, je vais juste traduire le geek en Français en resumant pour les gens normaux. Histoire que tout le monde puisse comprendre de quoi ça parle.
Au début, était le disque vinyl. Les vendeurs de disques, qui en plus de fabriquer les disques font la promo de leurs artistes, se concentrent assez vite, on parle de "majors" du disque, jusqu'à former un certain groupe de pression. L'apparition de la radio leur fait peur : serait-ce la fin du disque ? Cela ne l'a pas été. L'apparition de la cassette permettent aux gens de se copier les disques ? Les majors gueulent, réclament l'interdiction de la cassette. Rien n'a été fait, sauf créer la redevance pour copie privée. On ne lutte pas contre la technique.
Au 21ième siècle, internet permet de diffuser très rapidemment de la musique, à qui veux l'entendre. Cela rends obsolète la vente de disques. Certains s'attachent encore à la pochette, au livret, à la qualité, mais, il est devenu certain que le CD disparaitra un jour, ou au minimum perdra de très fortes parts de marchés. Les majors ne voient rien venir, ou font sembler de ne rien voir, ce d'autant plus que les ventes de CD, qui leur assurent de fortes rentes, ne cessent d'augmenter ; les premières années du millénaire seront aussi les meilleures pour l'industrie du disque.
De plus, la technologie permet maintenant a tout un chacun d'avoir une énorme discothèque chez soi. Un lecteur de MP3 portable de 40 Go permet d'avoir toujours sur soi l'équivalent de 600 CD. Actuellement, un CD musical vaux en moyenne 20 Euros. Qui peut acheter pour 12 000 Euros de CD ? Quel étudiant peut se le permettre ? Aucun. Le prix des disques est donc d'un autre monde. Les échanges pirates, si faciles via internet, se développent, d'autant plus que les majors ont perdu du temps pour vendre par ce média. Le format MP3 facilite les échanges, beaucoup gardent sur eux des fichiers MP3 qu'ils ne payeraient même pas 1 centime d'euro. Il faut redéfinir le prix du disque. Certains voient la faute à la TVA, mais que dire quand les mêmes albums vendus en France ne coutent que 10 Euros aux Etats-Unis ? Et 6000 Euros pour remplir son lecteur de MP3, le problème n'a pas disparu. Les plateforme de téléchargement officiels font payer 12 Euros l'album, cela ne change pas grand chose. Plateformes légales où les fichiers sont assorties de limitation d'écoute et/ou de copie, qui n'existent pas avec les fichiers piratés. Pourquoi payer pour avoir moins bien ? Le passage du Vinyl au CD avait justifié une augmentation des prix, pour cause de numérisation. Aujourd'hui, la numérisation se fait facilement, la technique a évolué, presser des CD se fait à moindre coût, mais les prix sont restés les mêmes...
Chacun pourrait remplir son lecteur MP3 de 40 Go sans que cela ne coûte cher aux maisons de disques ; la bande passante ne coûte presque plus rien (surtout d'un point de vue franco-français), diffuser des titres via internet peut donc se faire pour 3 fois rien. Tout le monde pirate, surtout chez les 15-30 ans ; personne ne peut payer les 12 000 € que vaudraient ces CDs. De là , 2 solutions : soit on descends les prix de la musique téléchargé légale à des prix très bas, de sorte que ces 40 Go se remplissent avec au maximum 400 € par exemple, soit 0,80 € l'album aujourd'hui, prix amené à baisser à mesure que la capacité des lecteurs augmentera. La forte augmentation des ventes compensera la baisse des prix ; la situation aberrante cessera d'être. Le téléchargement illicite ne cessera pas forcémment, mais ne sera pas le seul moyen de remplir son lecteur MP3. Soit, puisqu'on ne peut rien faire contre ce qui est encore aujourd'hui du téléchargement illicite, on laisse les internautes échanger la musique comme ils l'entendent, et on créé un forfait permettant de financer la création : la fameuse licence globale
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Et que vont donc faire les dinosaures pour continuer à s'assurer la fortune via la vente de CD à prix d'or qui finiront par disparaître ? Ou via leurs plateformes légales aux coûts élevés ? Ils vont a contre-courant de la technique en faisant voter une loi :
- Criminalisation des échanges. Il est vrai qu'auparavant déjà ce n'était pas spécialement autorisé : cela ne résoudra pas tout seul le problème.
- Création de systèmes techniques pour limiter les copies. Et au passage, on achetera ses MP3 chez celui qui aura vendu le lecteur MP3. Si le lecteur MP3 casse, l'ordinateur casse, si l'on veux une copie pour la voiture, il faudra que le consommateur paye encore. J'ai bien dit le consommateur : les débats ont eu lieu comme si la musique était un consommable, pas un bien culturel.
- Interdiction d'expliquer comment contourner les systèmes de limitation de copies. Or, toute la sécurité informatique actuelle se base sur le principe du full disclosure, c'est à dire que si une protection a pu être cassée, c'est qu'elle n'est pas fiable, et qu'en conséquent, il faut publier les recettes permettant de contourner celle-ci, pour obliger les gens à utiliser des protections plus fiables. Le secret n'a jamais fonctionné. Ce d'autant plus que certaines protections se contournent bien trop facilement (et c'est pourquoi la loi est là ).
- Interdiction de faire des logiciels pouvant permettre d'échanger des fichiers illicites. Le problème, c'est qu'à moins d'interdire internet, autant faire une loi obligeant le vent à ne pas soufler sur la capitale.
- Filtrage d'internet ? Comme en Chine ? Et comment reconnaître les fichiers illicites ? Soit on organise un flicage de tout les internautes (vive la liberté d'expression), soit on ne fait rien qui soit facilement contournable. Le premier étant pas prêt d'arriver, je vous laisse imaginer la suite.
- Contrôle des logiciels de lecture libres. Comme ça, le monopole malsain de Microsoft en informatique continuera d'exister, grâce à l'appui de la loi. Ou pas, la distribution de logiciels piratés (ou de warez comme on dit) aussi est censée être interdite, mais si courante...
- Et j'en passe...
Tout cela est parfaitement logique : les majors luttent contre la technique, pour continuer à s'assurer de gros profits par la vente de disques à des prix très élevés. Et nos députés votent bêtement un texte allant dans l'intérêt de ces quelques dinosaures, liberticide s'il est correctement appliqué, et qui le plus probablement retardera juste la fin des dinosaures de quelques mois. Honte à eux.



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