Veilleries : Martin Winckler
Par Maxime Ritter, vendredi 30 juin 2006 à 21:56 - La vie des médias - #483 - rss
J'ai gardé une copie de la page web où Martin Winckler parlait de son limogeage sur France Inter, au tout début de l'affaire. C'est par elle, que j'ai découvert son génial site. Probablement par l'un où l'autre libriste assez déçu de constater qu'un chroniqueur qui a plusieurs reprises avait la promotion des logiciels libres disparaisse du PAF. Ainsi, j'y ai découvert que techniquement, la médecine permettait aux femmes d'éviter les menstruations depuis un long moment (mais que visiblement, très peu le souhaitent, cela étant rassurant de ne pas se savoir enceinte, ou ne pas avoir trop d'effet visibles d'un gobage d'hormones de synthèse). Nul doute que si Martin Winckler devait commencer à publier aujourd'hui, il aurait mis un dotclear et appelé cela son blog. J'apprendrais le droit chez Eolas, et la Gynécologie chez Martin Winckler (mais si quelqu'un pouvait m'apprendre le fonctionnement d'un cerveau féminin, ce me serait sans doute plus utile que le fonctionnement de l'appareil reproducteur).
Rappelons l'histoire : Martin Winckler est gynécologue, mais je ne sais comment, il s'est retrouvé à tenir une chronique quotidienne sur France Inter, entre septembre 2002 et juillet 2003, sujet libre, mais le médical revenait souvent, où il parlait assez librement, et n'hésitais pas à interagir avec ses auditeurs par le biais de son site internet. Assez original comme manière de faire. Il avait pleine liberté de parole, et s'est mis à parler (en mal) d'un annonceur, le LEEM représentant l'industrie pharmaceutique (la chronique en question, du 15 mai 2003 est en commentaire sur cette page). Visiblement, ça n'a pas plus à l'annonceur (étonnant, non ?). A quelques jours de la fin de la saison, l'émission s'arrête brusquement. Que Martin Winckler se soit embrouillé avec la radio lors de la guerre en Irak, que ses méthodes originales ne plaisaient pas, on peut l'admettre. Peut-être n'y avait-il pas lieu effectivement de reprendre l'emission à la rentrée, pour ces raisons. Mais alors, pourquoi stopper brusquement l'émission a 10 jours de l'arrêt de sa diffusion ? Et cela sans avoir d'émission de remplacement ? La réponse se devine quand on entends diffusé un droit de réponse de cet annonceur. Wincler avait-il diffamé ? La source de Martin Winckler (Philippe PIGNARRE, « Le grand secret de l’industrie pharmaceutique ») n'a pourtant pas été inquiétée à ma connaissance. Simple colision d'intérêt : ça ne se fait pas de dire du mal d'un annonceur. D'ailleurs, il était médecin et pas journaliste n'a pas manqué de faire remarquer Jean-Luc Hees, le patron de France Inter. Le journaliste aurait sans doute su qu'il faut parler des annonceurs avec des pincettes.
Cette histoire a probablement permis à Winckler de se faire connaître, mais surtout illustre clairement qu'on peut acheter une ligne éditoriale par de la publicité. Et voilà qui explique l'état lamentable de la presse informatique depuis un certain temps en France (au fait, ça y est, tout les titres de cette presse de caniveau ont disparus ?). Ou le pourquoi du comment les féminins sont toujours très enthousiastes de tout les produits dont ils parlent : c'est leurs annonceurs. Bref, méfions-nous de la presse, son indépendance se dissous dans la publicité.



Commentaires
1. Le dimanche 14 janvier 2007 à 19:40, par cé moile fonstionnement du cerveau
2. Le lundi 15 janvier 2007 à 00:26, par Maxime
3. Le jeudi 14 juin 2007 à 17:03, par jocelyncharles
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