C'est curieux, une bonne connaissance à moi surnomme les caïds de la banlieue les warlordz de la vraie vie. Vous devinez quel point commun on partage :). Pour les non-geeks : le warlordz pourrait être définit comme un adolescent boutonneux qui aimerait bien être une 3l33t et qui s'amuse à utiliser des exploits tout fait, car il ne sait pas coder, il ne sait même pas coment marche Unix. C'est pas plus clair ? Grossièrement, si vous préférez c'est un adolescent qui se prends pour un pirate informatique, totalement incompétent, mais capable de faire des dommages malgré tout en utilisant des programmes tout prêts.

Que cherche le warlordz ? Du respect en tant que pirate, il cherche aussi à se faire connaître de la sorte. Son rêve est d'être aussi célèbre que Kevin Mitnick, de pirater les ordinateurs du FBI, de Microsoft, ou de je ne sais qui. Mon blog par exemple s'il découvre que mon mot de passe est "123456". Pas capable de faire quelque chose d'avancé, mais si par hasard il trouve un forum dont l'administrateur ne suit pas le rythme des mises à jours, il risque de s'amuser à le détruire juste pour le plaisir de mettre une page à sa gloire à la place.

Et le warlordz de la vraie vie ? Du respect aussi. La célébrité aussi. Par les journaux, il fait parler de sa banlieue, et par ricochet de lui auprès de ses camarades : c'est lui qui a fait parler de sa banlieue. En effet : aucun de ceux que j'ai pu entendre dans les derniers jours ne connaissait les deux mineurs morts électrocutés (Thot en commentaire chez Eolas). Comment en ce cas justifier que cela soit pour venger Bouna et Zyed, si les casseurs ne connaissent pas même leurs noms ? Comment alors expliquer pourquoi de tels comportements ont été dupliqués dans d'autres pays ? Comment expliquer que ce soit les banlieues qui brulent, et non Neuilly ?

Warlordz de la vraie vie, non vraiment, c'est joliment trouvé. Certes, cette agitation est aussi l'expression d'un mal-être, à défaut de pouvoir se faire remarquer positiviment, on en viens à de tels extrêmes...

Et alourdir les peines (comme nous en témoigne le billet d'Eolas) alors que dans le cas présent il semble y avoir un doute, cela ne risque t'il pas justement d'être perçu, à juste titre, comme un manque de respect ? Et donc d'aggraver encore les violences ?