Le but d'un terroriste, étymologiquement, c'est de semer la terreur. Que pensez-vous que la télévision d'Etat eu diffusé comme message, si le Royaume-Uni était une dictature à la manière de celle Ceaucescu ? Elle aurait appelé au calme, indiqué que des explosions ont eu lieu, que les transports en commun seraient coupés pour la journée. Mais qu'il fallait rester calme, que ce n'était pas la peine de s'affoler.

Qu'on fait les grandes chaînes de télévision ? Elles ont rajoutés dans le spectaculaire. Diffusé des témoignages de gens angoissés. Augmenté le nombre d'explosions : pour 4 bombes réelles, 7 explosions furent rapportés. Des premiers bilans humains dont on se demande d'où ils sortaient ont été établis. Ils nous ont fait partager l'émotion. Mais ne nous ont absolument pas informés. Guillermo a bien résumé la situation. Pire : ils nous ont angoissés. Ils ont finalement aidés les terroristes dans leur travail. Les gens prennent peur, ils appelent leurs proches. Il y a pourtant aussi de nombreux blessés sur les routes, tous les jours. On annonce que le réseau téléphonique ne fonctionne plus ; ce qui amplifie d'autant la peur. Et ce besoin d'avoir des nouvelles de leurs proches. J'étais avec un collègue de Londres jeudi dernier. Son téléphone a pas mal sonné. Dans l'après-midi, l'école l'a appelé pour lui dire que son gamin allait bien. Mais il ne s'était même pas inquiété à ce sujet : les explosions avaient lieu dans le centre, et lui habite la banlieue. Ne pas avoir la télévision aide-t'il à ne pas céder à la panique ? Semble-t'il les anglais disent avoir l'habitude des attentats, qu'ils ont de beau spécimens de terroristes en Irlande aussi. Une habitude chez eux sans doute de saturer les réseaux téléphoniques quand d'autres pourraient avoir besoin de l'utiliser à d'autres fins peut-être plus urgente. Mais il semblerait que les Islamistes soient plus dangereux que les Irlandais. En France, depuis 1995, nous savions déjà que les Islamistes sont plus dangereux que nos Corses. D'ailleurs, on savait même que des islamistes étaient capable de détourner des avions de ligne pour les jeter là où cela ferait le plus mal depuis bien avant les américains (ça, c'est pour répondre aux spécialistes du french bashing).

Et la peur est souvent plus dangereuse que le risque redouté. Le Londonistan faisait peur, alors pour répondre à une demande de l'électorat, on l'a fermé. La liberté de parole dont jouissait les islamistes permettaient à ceux-ci de ne pas trop en vouloir à Londres. Ce n'est plus le cas, mais en plus maintenant que les ennemis de l'occident se cachent, il est plus difficile de les surveiller. On nous sort des mesurettes liberticides, comme si cela pouvait changer quelque chose au problème. Au Royaume-Uni, cela risque de donner des arguments aux défenseurs de la fameuse carte d'identité biométrique. Et en France aussi d'ailleurs. Sauf que les premiers éléments de l'enquête laissent à entendre que islamistes qui étaient à l'origine de ces attentats étaient plus que certainement en situation régulière dans ce pays. En France, on est passé au niveau d'alerte rouge de Vigipirate. Pour combien de temps allons nous vivre sans poubelles, avec des militaires équipés de fusils mitrailleurs dans les gares ? Tant qu'on ne savait pas où résidait le problème, c'était une décision intelligente, et ce d'autant plus que Paris avait comme point commun les JO avec Londres. Mais maintenant que l'attentat a été revendiqué, et que les prochaines cibles désignés sont le Danemark et l'Italie ? D'ailleurs, c'est curieux : suite aux attentats de Madrid, est passé et resté au niveau orange. Sans jamais en sortir. Le niveau Orange n'était-il pas suffisant, s'il l'était après Madrid ? Et dire que durant les 10 premières années de l'existence du plan vigipirate, celui-ci n'a jamais été activé. Aujourd'hui, on s'imagine perpétuellement menacé. Mais par qui, par quoi ? Les Islamistes ? Ils ne visent que les pays qui ont des troupes en Irak. Vu notre opposition à la guerre en Irak, on devrait se sentir protégés. Les Corses et les Basques ? Il y eu des moments où ils étaient plus actifs sans que Vigipirate ne soit activé.

Tout le monde, à l'unanimité condamne ces actes terroristes. Mais regardons les choses en face : le Royaume-Uni est à l'origine d'une guerre, puis d'une guerre civile, dans un pays éloigné : l'Irak. Le terroriste, même s'il n'est pas directement iraquien, ne fait que combattre pour l'Irak libre. Ces attentats sont liés à la guerre en Irak ; on peut même considéré ceux-ci comme une nouvelle bataille perdue pour les troupes de la coalition. Combien de blessés y-a-t'il eu dans cette guerre ? Certes, une guerre ne vise pas la population civile, mais elle soufre malgré tout. Combien d'iraquiens blessés par une balle perdue ? Je prends les paris que cette guerre a déjà tué plus de civils iraquiens que ces attentats n'ont fait de blessés. Condamner le terrorisme, c'est bien, condamner le terrorisme et la guerre en Irak c'est nécessaire pour rester cohérent. Condamner le terrorisme et soutenir la guerre, c'est montrer que l'on a rien compris. Le fossé technologique, et économique, qui sépare les pays pauvres poussent ceux-ci, s'ils souhaitent assurer leur défense, vers le terrorisme. C'était tellement facile de partir loin de Londres faire tout péter, et ne rien risquer sur le territoire nationnal. Les terroristes font comprendre que le tiers monde ne se laisse pas toujours faire. Le 11 septembre a été une réaction contre une certaine forme de domination américaine. Plutôt que de comprendre la leçon, ils repartent de plus belle montrer leur arrogance, à coups d'armes de destructions massives inexistantes et de rapports bidons. Montrer que l'on a pas compris la leçon, entrainer avec soit d'autres spécialistes de la fausse preuve, c'était la meilleure solution pour se retrouver en face de nouvelles attaques terroristes.

C'est symbolique. L'Irak comme symbole du tiers-monde. Le Royaume-Uni comme symbole de l'occident. De l'occident qui exploite le tiers-monde. Quelque part, au fond, c'est une guerre entre les riches pays du Nord, et les pauvres du Sud. Mais aussi une révolte de quelques jeunes des cités issus de l'immigration contre leur avenir morose. Quelque part, quelque chose ne va pas. Et ce n'est pas de mesures liberticides dont a besoin.