Les franchouillards de la BNF récidivent
Par Maxime Ritter, mardi 8 mars 2005 à 17:36 - Divers - #216 - rss
J’avais pointé il y a quelques temps un texte de Jean-Noël Jeanneney, qui parlait de la nécessité de lutter contre l’envahisseur culturel américain, en la personne de google. Entre-temps google a annoncé bien vouloir collaborer avec les bibliothèques francophones, donc finalement le risque de n’avoir qu’une vision anglo-saxonne du monde disparaît. Ou tout au moins est fortemment atténué. Mais vu les arguments employés, je savais bien que cela ne cela ne satisferait pas tout le monde.
Et j’avais raison : L’Europe sera-t-elle étranglée par l’industrie des moteurs de recherche américains ?. La question centrale est finalement la survie culturelle de l’Europe lorsque les moteurs de recherches sont tous américains. Il est en effet légitime de poser la question. Mais il apparait que ces moteurs font des efforts pour s’adapter aux utilisations qui sont faites dans les divers pays où leurs services sont proposés. Vendre des recherches par mots-clefs nécessite d’avoir de bons algorithmes de recherche, un bon moteur référençant le maximum de documents sur la toile. Puisque les documents référencés sont l’oeuvre de ceux qui les écrivent (donc des gens de toutes les cultures), et puisque pour fournir un résultat le plus pertinent possible la préférence de textes venant d’un autre continent est à exclure, ces moteurs n’ont aucun effet sur la culture. La présence plus importante de pages anglaises sur la toile peut-être, mais pas la nationnalité des moteurs de recherches. Il existe même des options pour limiter la recherche à un pays donné dans la pluspart des moteurs.
Mais les réponses données par ce billet ne sont pas bonnes. D’abord, on a droit à une critique du système des adwords : elles font la pub d’entreprises quotés aux Nasdaq et chinoises qui visent le marché mondial. J’ajoute qu’elles font aussi la pub d’entreprises Européennes et Françaises qui visent le marché mondial, ou juste le marché francophone ou français. La mondialisation se fait dans les deux sens, les règles sont les mêmes pour tous. Il n’y a pas de quoi s’en inquiéter. Les prix, contrairement à ce qui est indiqué, au moins chez google, sont faciles à obtenir : il suffit de se créer un compte annonceur. On peut commencer à annoncer avec un très petit budget. Il n’y a que le positionnement de la pub, qui du fait du système d’enchères est variable.
On parle également du fait que le mieux référencé sera celui qui paye le plus dans le futur. Grossière erreur ! Ce système a déjà existé, et c’est parce que google fournissait de meilleurs résultats que les moteurs de recherches où il était possible de payer qu’il a réussi à détrôner tous les autres... De plus, encore une fois, pourquoi serait-ce obligatoirement des américains et des asiatiques qui devraient être en mesure de payer le plus ? Faut-il oublier tous les secteurs où l’Europe domine ? Nokia, numéro 1 mondial du téléphone portable. Alcatel, numéro 1 mondial des réseaux optiques. Axa, numéro 1 mondial de l’assurance. Pour en trouver d’autres, il suffit de chercher.
Viens aussi une critique absurde du système des moteurs de recherche. En fait, il part du principe qu’un moteur de recherche à besoin d’être bien référencé, et qu’en conséquence il achetera de la publicité à ses concurrents. C’est faux aussi. Google a détrôné Altavista par le biais du bouche-à -oreille. Je n’ai jamais vu aucune pub pour un moteur de recherche sur un moteur de recherche. Ce système n’existe donc pas.
Mais le plus beau, le voici :
Il ne pose même pas la question de savoir comment [...] les activités économiques de l’Europe, pourront faire face à la concurrence mondiale l’orsque ce seront les éditeurs américains, très vite suivis par les asiatiques, qui contrôleront les contenus des référencement sur Internet.
En l’état actuel du marché du moteur de recherche, il n’y a aucune raison de penser qu’une société asiatique percera. En fait, pas plus qu’une société européenne. Qu’est ce qui empêcherait une entreprise européenne de percer dans ce marché mondial ? Se placer en situation de perdant de la mondialisation, c’est la meilleure manière d’être le perdant ! Or, la libéralisation veux que les règles soient les mêmes pour tous : si une entreprise américaine réussi sur internet, alors une entreprise française peut y arriver aussi. Ce n’est pas là qu’il faut critiquer la libéralisation. Et plus drôle encore : les fonds d’une entreprise américaine par le jeu de la bourse peuvent être contrôlés par l’Europe, et une entreprise Européenne peut être contrôlé par les Américains (ou les asiatiques).
D’où la conclusion :
La bataille pour la survie dans le "monde mondialisé" de l’économie et de la culture numérique (elle-même étant synonyme d’esprit) est-elle donc déjà perdue pour l’Europe ?
Cette bataille n’est perdue que dans l’esprit de ceux qui le veulent bien...



Commentaires
1. Le mardi 8 mars 2005 à 19:01, par Nicolas (尼古拉)
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