Nécrologie d’un blog
Par Maxime Ritter, mercredi 26 janvier 2005 à 08:13 - Divers - #161 - rss
Maïa Mazaurette, ex-coureuse de caleçons, une des grandes stars de la blogosphère a décidé de tuer son blog. Ce blog a été pour moi l’un des premiers blogs que j’ai découvert. Maïa venait alors d’ouvrir son compte sur 20six ; j’ai dévoré les archives du journal sur Lycos d’un seul trait.
Est-ce pour autant le jour le plus noir de l’année ? La récente pause de 15 jours sans bloguer préméditait cette fin tragique. Le blog tournait en rond, de l’aveu même de son auteure, il a lentement mué au cours de ces derniers mois. Il n’avait plus rien à offrir, si ce n’est la montée des marches d’une jeunauteure qui fait tout pour obtenir le succès, et commence à le connaître. Déjà un passage sur Canal+. Cette recherche du succès n’est pas forcémment compatible avec son blog et certaines des polémiques qui y ont surgi par le passé.
Maïa a-t-elle vieilli ? (on dit mûri pour rester positif, mais Maïa n’accepterait pas cette métaphore) Cela constituait sa plus grande peur. Certes, elle a pris plus de 2 ans depuis ses débuts, mais dans ses textes ? D’abord elle est déjà passée du polyamour à une vie sexuelle normale. Puis ses attaques envers l’ordre établi se sont faite moins nombreuses. Bientôt, elle pensera peut-être même à se marier, voire à faire un gamin. Mais c’est justement aussi pour rester logique avec elle-même dans cette croisade anti-vieux qu’elle arrête de bloguer.
Ou peut-être nous cache-t-elle certaines choses dans le but de ne pas nuire à sa réputation de jeunauteure ? Déjà , elle a commencé à supprimer certains textes de peur qu’ils ne nuisent à sa réputation dans le futur. Et elle a promis d’élaguer bon nombre de posts prochainement. Supprimer ces textes qui ont été visibles longtemps sur internet et qui sont pour certains archivés revient un peu à les renier. Critiquer les trentenaires dans leur ensemble revenant un peu à s’auto-critiquer elle-même dans 3 ans, c’était prévisible, à moins que Maïa ne pense au suicide. Or ce n’est pas le cas, puisqu’elle a un presque-plan de carrière sur 30 ans. Toutefois ce même cap des 30 ans lui fait encore peur. Elle n’est peut-être pas perdue. Elle envisage peut-être de vivre dans un énorme paradoxe ?
En attendant, il n’en reste pas moins qu’elle avoue avoir profité de ce blog pour (tenter de) vendre des livres. Elle avoue même avoir « ourdi, décalé, joué, trollé, mis en scène ». Des aveux qui au fond n’ont rien d’exceptionnel, bon nombre de blogueurs font de même. La majorité même. Je serais le dernier à lui lançer la pierre à ce sujet, de peur d’une mort par lapidation particulièrement spectaculaire et fort violente lorsque le même jugement me sera appliqué. La vraie vie ce n’est que rarement intéressant à bloguer et à lire par après. Même avec le talent d’écriture de Maïa.
Il reste néanmoins que l’assassin est toujours en vie et en liberté. Il pourra toujours commencer un nouveau blog, sous son vrai nom ou un autre, pour le tuer ensuite. Peut-être le faire sous un autre nom, en abandonnant le politiquement correct.
J’ai déjà aspiré les archives de la Maïa jeune et inconnue. Au cas où l’envie de la relire me prendrait un jour. C’est quand elle veux pour une bière. Quand à la vieille Maïa, auteure à succès mariée avec 5 gamins qu’elle pourrait devenir dans quelques années, je lui demanderais de se relire tout simplement à ce moment-là , puis d’en dire ce qu’elle est en pense. Maïa, n’oublie pas de garder une copie avant de procéder à l’autodafé.



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